La situation des Indigènes xavantes du Brésil

mardi 16 septembre 2008

La situation des Indigènes xavantes du Brésil est un exemple de la problématique des relations entre l’Etat brésilien et toute la communauté indigène présente sur son territoire.

Une conférence sur le sujet se déroulera le vendredi 26 à l’Isle en Dodon et le samedi 27 à Saint-Frajou.

L’Etat Brésilien a reconnu un statut à cette population indigène (c’est à dire la population présente sur son territoire avant la colonisation portugaise) dans sa Constitution de 1988 dans laquelle elle stipule que les "Indiens ont l’usufruit des terres, des rivières et des lacs qui sont leur territoires traditionnels où ils ont également droit au respect de leurs coutumes, de leurs langues, de leurs croyances et de leurs traditions."

Deux organismes fédéraux qui dépendent du Ministère de la Justice fédérale, à Brasilia, sont sensés les protéger : LA FUNAI, sur le plan administratif, et la FUNASA, sur le plan sanitaire.

Depuis des dizaines d’années, les Indiens du Brésil étaient victimes de harcèlements, d’agressions et parfois d’attentats par des fermiers, des chercheurs d’or, de grands cultivateurs de riz, de soja, qui n’ont pas hésité à envahir leurs territoires. Territoires qui se sont réduits comme une peau de chagrin depuis un siècle.

Dans un premier temps, les gouvernements brésiliens ont encouragé le développement économique du pays au dépend des Indigènes pour lutter contre la pauvreté. Devant leurs réactions, parfois violentes, l’Etat a été conduit à les intégrer dans la communauté nationale (Constitution de 1988) pour éviter la multiplication de ces affrontements.

Intégration difficile parce qu’elle concerne des modèles de société différents et que l’Etat brésilien n’a pas toujours les moyens de sa politique. De ce fait , les Indigènes du Brésil sont encore dans une situation précaire et à la merci d’aventuriers qui veulent faire fortune.

Dialoguer avec l’Etat ? Les indigènes s’interrogent même s’ils ont besoin de lui pour se protéger des grands exploitants agricoles ! L’Etat, lui-même ne respecte pas non plus toujours ses engagements.

On observe actuellement que les Indigènes prennent de plus en plus leurs distances avec le Pouvoir Fédéral. Il y a environ 260 ethnies indigénes au Brésil. Certaines sont encore inconnues. Et la tendance actuelle du Pouvoir Fédéral est de n’établir des relations qu’avec celles qui le souhaitent. Assiste-t’on à une amorce de retour à une situation primitive ? Les cartes sont entre les mains de l’Etat et de l’ensemble de la population brésilienne, encore peu soucieuse du respect de ces populations.

Michel Mignot


Le projet : « Opération Xavante »

Introduction :

Le projet intitulé « Opération Xavante » est destiné à venir en aide au village xavante São Domingos Sàvio, dans le Mato Grosso au Brésil. Ce village est confronté à de graves problèmes alimentaires : pas de lait pour les enfants dès leur sevrage, pas de fruit dans l’alimentation quotidienne de l’ensemble de la population du village, et à un surplus de travail pour les femmes qui en plus des tâches ménagères assument des travaux agricoles.

Le projet :

Le projet consiste en deux volets :

  1. Permettre au village de devenir autosuffisant en lait en deux étapes : d’abord par un achat urgent dans la ville voisine, Campinapolis, de lait en poudre pour les enfants, le temps au village de s’organiser pour acquérir un cheptel de bovins qui couvrira régulièrement les besoins en lait et en viande du village.
  2. Soulager un peu le travail des femmes par l’achat d’une trieuse à riz.

Localisation :

Le projet est concentré sur le village xavante de São Domingos Sàvio qui comprend 137 personnes dont 77 enfants. Recensement de la FUNAI (Fundação nacional do Indio) organisme fédéral brésilien rattaché au Ministère de la Justice à Brasilia.

L’existant :

Les enfants ne bénéficient que du lait maternel que jusqu ‘à l’avènement d’un nouveau né. Sur le plan sanitaire, on constate dans le village une forte mortalité infantile et des carences dentaires multiples. LA FUNASA, organisme fédéral, rattaché à la FUNAI, qui s’occupe de la santé des indigènes distribue de temps en temps des vitamines sous forme médicamenteuse mais ne livre pas de lait.

Les femmes assurent une série de tâches impressionnantes : les tâches ménagères (ménage, cuisine, lessive, vaiselle, environnement de la case) plus les tâches agricoles (stockage du riz, séchage, tri du riz) sans oublier le ramassage du bois dans la forêt pour la cuisine, le tressage des paniers, l’abattage des poulets etc .

Secteur d’activité couvert :

Le village a déjà déposé un projet d’acquisition de bovins auprès de la FUNAI qui est resté sans réponse. Le village dispose de pâturages : ceux de Bacharia, Jaraguà, Colonião et Nativa proches du village. Les autorités du village assurent en outre avoir la capacité de gérer le cheptel qu’il souhaite acquérir. En cas de problèmes sanitaires des animaux ils peuvent faire appel à un vétérinaire à Campinapolis. Il existe déjà plusieurs fazendas (élevage de troupeaux) qui jouxtent le village.

Les femmes trient le riz presque toute la journée pour les besoins familiaux. Epuisées, le village se voit contraint de plus en plus souvent de porter du riz à trier à Campinapolis, ce qui induit des coûts de transports et des frais de triage pour le village qui a très très peu de moyens. En avril 2008, les moyens de transport du village étaient indisponibles, un camion et une camionnette, moteurs cassés. Le village devait avoir recours à l’aide des fazendas voisines. Le village n’avait pas les moyens de les faire réparer.

Objectif :

  1. palier au moins une des carences alimentaires du village, notamment pour les enfants et améliorer de ce fait leur état sanitaire. Le village a depuis peu un projet d’implantations d’orangers pour palier l’absence de fruits dans son alimentation. Il y a des espaces disponibles pour cela.
  2. Si le premier volet du projet devient réalité (achat d’un cheptel de bovins), les femmes auront d’autant plus besoin d’une trieuse à riz qu’une nouvelle tâche les attendra : traire les vaches. Même sans cela, la trieuse à riz facilitera la vie dans le village. Les frais attenant au tri en ville disparaîtront. La trieuse pourra éventuellement fonctionner à l’énergie solaire déjà présente dans le village pour le fonctionnement d’une antenne téléphonique et la filtration de l’eau (photos ci-jointe)

Actions prévues, ressources humaines, moyens matériels et techniques :

  1. Renseignements pris auprès des hôpitaux de Cannes et de Nice, un enfant a besoin d’un litre de lait par jour pour une croissance normale, s’il n’a pas accès à d’autres produits laitiers, et pour un litre de lait, il faut 100 g de lait en poudre. Donc, 1 kilo de lait en poudre subvient aux besoins de l’enfant pendant 10 jours et 77 kilos subviennent aux besoins de 77 enfants pendant 10 jours. Donc pour subvenir aux besoins des enfants du village pendant un mois il faut 231 kilos de lait en poudre. A 6 reais le kilo, cela équivaut à une dépense de 1386 reais (= 560 euros).
  2. achat des bovins, on pourrait commencer par 7vaches et 1 taureau. Coût unitaire d’une vache 550 reais et celui d’un taureau 1500 reais. Soit au total 5350 reais (2150 euros)
  3. achat de la trieuse à riz : coût 8400 reais (3400 euros).

Bénéficiaires de l’action :

Les enfants et les femmes du village, et le village tout entier de surcroît.

Viabilité du projet à la fin du financement :

L’acquisition de bovins et d’une trieuse À riz pourra peut-être générer des revenus au village et À tout le moins renforcer la solidarité entre les villages xavantes de la région, où l’on constate une solidarité très marquée.

Des résultats Encourageants :

L’organisation des habitants du village est très solidaire. A sa TETE, se trouve le Cacique, désigné par les habitants du village. il est assisté d’un vice CACIQUE. Les hommes du village se réunissent tous les soirs sur la Warã, espace restreint de la place centrale du village, après le diner, pour évoquer les problèmes du jour et leur apporter des solutions. Les hommes sont réunis en cercle et les femmes avec les enfants les entourent et sont donc informées de ce qui se passe. L’information dans le village est de fait totalement ouverte.

Le village dispose d’eau potable (pour le lait en poudre). Il existe dans le village une petite installation de traitement de l’eau d’un puit VOISIN (photo ci-jointe). Elle est ensuite redistribuée en trois endroits sur la place du village.

Les problématiques rencontrées :

Le village lui-même n’a pas de ressources. Il vit de sa rizière et de ses plantations, des volailles qu’il élève. Les villageois ne mangent pas d’œufs. Les poules peuvent donc les couver en toute tranquillité.

Les femmes touchent du gouvernement une allocation pour leurs enfants (94 reais par mois pour 3 enfants). Le Cacique, le vice cacique et l’assistant sanitaire touchent un salaire du gouvernement fédéral.

Prolongements attendus :

Une amélioration de l’etat sanitaire du village par l’alimentation, un abaissement de la mortalité infantile qui est actuellement dans le village de 40/000. une plus grande autonomie du village par rapports aux organismes d’état qui manquent aussi de moyens

Le projet développe-t-il des valeurs de solidarité et d’échange entre sociétés civiles ?

La réalisation des deux aspects du projets renforcera la solidarité villageoise xavante. Les bienfaits de ce programme aura des retombées evidentes sur les autres villages xavantes de la région. Les villageois y gagneront aussi en considération auprès des autorités de Campinapolis. Il faut savoir que les indigènes sont souvent un enjeu dans les élections locales (les pour et les contre … !)la tendance actuelle est plutôt hostile. La realisation de ce projet devrait faciliter les relations entre les societes civile et indigène.

Quelles actions de sensibilisation et/ou d’information en France :

Des actions de sensibilisations seront entreprises auprès de communes du sud de la France., auprès de la communauté brésilienne À Nice et À paris, auprès d’entreprises et d’institutions scolaires

Echéancier :
Date de démarrage : dès que possible – Durée : 1 an

Budget total :

Coût pour l’achat du lait en poudre (2 mois)1120 €
Coût d’achat du cheptel2150 €
Coût de la trieuse à riz3400 €
Coût total6670 €

Si grâce à la souscription, nous dépassons cette somme, le village pourra s’acheter éventuellement davantage de bovins et du matériel pour clôturer les pâturages, mais également des couvertures dont il a grandement besoin. Les mois de mai et Juin sont frais, 15° la nuit.

Les chèques sont à libeller à l’ordre de : « Aide à l’Enfance Brésilienne, opération xavante » et à adresser à :

Michel Mignot, 21 rue Henri Bosco- 06560 Valbonne France

Merci d’avance de votre générosité.

PS : la présence de l’énergie solaire dans le village est le fruit d’actions d’organismes humanitaires

Association Aide à l’Enfance Brésilienne
40 rue traversière
Paris 75012

Tél : 01 43 43 53 45 - Fax : 04 93 65 24 88
E-mail : contact (a) aeb.asso.fr

Date de création : juin 2008
Président de l’Association : Jean-Louis Maurat
Responsables du projet en France : Michel MIGNOT, Valbonne 06
Au Brésil : Marcio N. TEIHIDZATSE, Campinapolis , Mato Grosso.


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